vrijdag 15 februari 2013

Georges Simenon - Maigret et le Clochard




“Tout en parlant, il avait la bille de sa poche et il la faisait rouler sur la nappe.
- Qu'est-ce que c'est?
- Une bille. Le Toubib en possédait trois.
Elle regardait son mari avec attention.
- Tu l'aimes bien, non?
- Je crois que je commence à le comprendre.
- Tu comprends qu'un hommme comme lui devienne clochard?
- Peut-être. Il a vécu en Afrique, seul blanc, éloigné des villes et des grand-routes. Là aussi il a été déçu.
- Pourquoi?
N'était-il difficile d'expliquer ça à Mme Maigret qui avait passé sa vie dans l'ordre et la propreté?
- Ce que je cherche à deviner, continuait-il sur un ton léger, c'est en quoi il pouvait être coupable.
Elle avait l'air de ne pas comprendre.
- Coupable? Que veux-tu dire? C'est lui qu'on a attaqué et jeté dans la Seine, non?
- Il est la victime, c'est vrai. Mais souvent, dans un crime, la victime partage dans un large mesure la responsabilité de l'assassin.”



zondag 10 februari 2013

Toon Hermans - Een beetje




Sterven doe je niet ineens
maar af en toe `n beetje
en alle beetjes die je stierf
't is vreemd, maar die vergeet je
het is je dikwijls zelf ontgaan
je zegt ik ben wat moe
maar op `n keer dan ben je aan
de laatste beetje toe.



vrijdag 1 februari 2013

Hugo Claus - Ik schrijf je neer




Ik schrijf je neer

Mijn vrouw, mijn heidens altaar,
Dat ik met vingers van licht bespeel en streel,
Mijn jonge bos dat ik doorwinter,
Mijn zenuwziek, onkuis en teder teken,
Ik schrijf je adem en je lichaam neer
Op gelijnd muziekpapier.

En tegen je oor beloof ik je splinternieuwe horoscopen
En maak je weer voor wereldreizen klaar
En voor een oponthoud in een of ander Oostenrijk.

Maar bij goden en bij sterrenbeelden
Wordt het eeuwige geluk ook dodelijk vermoeid,
En ik heb geen huis, ik heb geen bed,
Ik heb niet eens verjaardagsbloemen voor je over.

Ik schrijf je neer op papier
Terwijl je als een boomgaard in juli zwelt en bloeit.



vrijdag 25 januari 2013

Jean-Baptiste Clément - Le temps des cerises (1866)




Quand nous en serons au temps des cerises 
Et gai rossignol et merle moqueur
Seront tous en fête
Les belles auront la folie en tête
Et les amoureux du soleil au cœur
Quand nous chanterons le temps des cerises
Sifflera bien mieux le merle moqueur

Mais il est bien court , le temps des cerises
Où l'on s'en va deux cueillir en rêvant
Des pendants d'oreilles
Cerises d'amour aux robes pareilles
Tombant sous la feuille en goutte de sang
Mais il est bien court le temps des cerises
Pendants de corail qu'on cueille en rêvant

Quand vous en serez au temps des cerises
Si vous avez peur de chagrins d'amour
Evitez les belles
Moi qui ne crains pas les peines cruelles
Je ne vivrai pas sans souffrir un jour
Quand vous en serez au temps des cerises
Vous aurez aussi des chagrins d'amour

J'aimerai toujours le temps des cerises,
C'est de ce temps-là que je garde au cœur
Une plaie ouverte
Et Dame Fortune en m' étant offerte
Ne saura jamais calmer ma douleur 
J'aimerai toujours le temps des cerises
Et le souvenir que je garde au cœur





woensdag 5 december 2012

Marianne Cohn - Je trahirai demain (1944)




Je trahirai demain, pas aujourd'hui
Aujourd'hui, arrachez-moi les ongles
Je ne trahirai pas !
Vous ne savez pas le bout de mon courage.
moi, je sais.
Vous êtes cinq mains dures avec des bagues.
Vous avez aux pieds des chaussures avec des clous.
Je trahirai demain. Pas aujourd'hui,

Demain.
Il me faut la nuit pour me résoudre.
Il ne me faut pas moins d'une nuit
Pour renier, pour abjurer, pour trahir.
Pour renier mes amis,
Pour abjurer le pain et le vin,
Pour trahir la vie,
pour mourir.
Je trahirai demain. pas aujourd'hui.

La lime est sous le carreau,
La lime n'est pas pour le bourreau,
La lime n'est pas pour le barreau,
Le lime est pour mon poignet.
Aujourd'hui, je n'ai rien à dire.
Je trahirai demain




Boris Vian - Le Déserteur




Monsieur le Président
Je vous fais une lettre
Que vous lirez peut-être
Si vous avez le temps
Je viens de recevoir
Mes papiers militaires
Pour partir à la guerre
Avant mercredi soir
Monsieur le Président
Je ne veux pas la faire
Je ne suis pas sur terre
Pour tuer des pauvres gens
C´est pas pour vous fâcher
Il faut que je vous dise
Ma décision est prise
Je m´en vais déserter

Depuis que je suis né
J´ai vu mourir mon père
J´ai vu partir mes frères
Et pleurer mes enfants
Ma mère a tant souffert
Elle est dedans sa tombe
Et se moque des bombes
Et se moque des vers
Quand j´étais prisonnier
On m´a volé ma femme
On m´a volé mon âme
Et tout mon cher passé
Demain de bon matin
Je fermerai ma porte
Au nez des années mortes
J´irai sur les chemins

Je mendierai ma vie
Sur les routes de France
De Bretagne en Provence
Et je dirai aux gens:
Refusez d´obéir
Refusez de la faire
N´allez pas à la guerre
Refusez de partir
S´il faut donner son sang
Allez donner le vôtre
Vous êtes bon apôtre
Monsieur le Président
Si vous me poursuivez
Prévenez vos gendarmes
Que je n´aurai pas d´armes
Et qu´ils pourront tirer




zaterdag 1 december 2012

Boudewijn De Groot - Canzone 4711




Er viel een hete schaduw over het strand,
die depressie had de zon dus toch gevangen.
De wind bleef onder het wolkendeksel hangen.
De dag bleef stilstaan tussen een en twee.

Vanille ijs smolt in haar bruine hand,
ze likte langzaam met een koel verlangen.
Ze had nog zilte parels op haar wangen,
ze bracht de golven in haar haren mee.

En in haar ogen de sterren van de zee.
In haar schelp van stilte zocht ik gaten,
probeerde mij met haar te laten praten.
Ik keek naar boven en had geen idee.

Vier cijfers vormden een reclamevlucht.
Toen hing er eau-de-cologne in de lucht.

Ze zei iets dat ik moeilijk kon verstaan,
een man zat met een radio te spelen
die mij daarop vierstemmig mee kon delen
dat liefde alles was wat ik nodig had.

Ze keek me een tijd later peinzend aan
en net toen ik haar schouder wilde strelen,
begon het haar klaarblijkelijk te vervelen
dat ik alleen maar zwijgend naast haar zat.

En ze verdween half achter het ochtendblad,
tot haar navel toe was wereldnieuws te lezen.
Ze zei dat eau-de-cologne fijn zou wezen.
Het speet me dat ik dat niet bij me had.

Ze leek me onder haar bikini bruin,
ze had een hoge schutting om haar tuin.

De eerste druppels vielen op mijn hand,
tijd voor thee en om zich aan te kleden.
Opeens leek alles jarenlang geleden,
ze deed haar kleren aan en groette mij.

Een regensluier daalde over het strand
en kinderen huilden hard en ontevreden.
De natte vlaggen zakten naar beneden
en iets dat nooit begon was al voorbij.

Haar kleine wrede hand liet mij niet vrij.
De regen deed me weer naar zee verlangen,
haar golven hielden mij opnieuw gevangen.
Het ochtendblad nam ik mee, het was van mij.

Steeds verder werd ik weggesleurd van het strand,
de geur van eau-de-cologne woei van het land.